BAMAKO OUAGADOUGOU NIAMEY 🇲🇱 🇧🇫 🇳🇪 ALLIANCE DES ÉTATS DU SAHEL · 2023 CEDEAO RETRAIT OFFICIEL 29/01/2025 2020 — 1er coup Mali 2023 — Création AES Jan 2024 — Annonce retrait 29 jan 2025 — RUPTURE AES 2025 INDICATEURS 72M habitants concernés
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AES vs CEDEAO : La grande fracture ouest-africaine de 2025

Le 29 janvier 2025, Mali, Burkina Faso et Niger ont officialisé leur retrait de la CEDEAO — une rupture sans précédent depuis les indépendances africaines.

SC
Saadou Cissé
Analyste — Indicateurs Clés d'Afrique
📅 19 avril 2025 ⏱ 8 min de lecture
3
États membres AES
72M
Habitants concernés
50
Ans d'intégration rompus
29/01
Date rupture officielle

Un 29 janvier historique

Le 29 janvier 2025 restera gravé dans l'histoire de l'intégration africaine. Ce jour-là, les gouvernements du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont officialisé, simultanément et de manière coordonnée, leur retrait définitif de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Cette décision, annoncée en janvier 2024 mais effective un an plus tard, marque la fin d'une adhésion de plus de 50 ans à l'organisation régionale fondée en 1975. Jamais dans l'histoire de la CEDEAO, un État membre n'avait quitté l'organisation. Que trois pays le fassent simultanément relève de l'inédit total.

« Nous ne trahissons pas la CEDEAO. Nous fondons une Afrique nouvelle, souveraine et libre. »

— Ibrahim Traoré, Président de la Transition du Burkina Faso, janvier 2025

L'Alliance des États du Sahel : une réalité géopolitique

Créée officiellement le 16 septembre 2023 à Bamako, l'Alliance des États du Sahel (AES) s'est progressivement imposée comme la structure de substitution à la CEDEAO pour les trois pays sahéliens. Avec le retrait effectif de la CEDEAO, l'AES devient le principal cadre d'intégration régionale pour ces États.

L'AES dispose désormais de sa propre Force unifiée (opérationnelle depuis juillet 2024), de mécanismes de coopération économique naissants, et d'une posture diplomatique commune fortement ancrée dans un discours souverainiste et anticolonialiste qui résonne dans toute l'Afrique subsaharienne.

📊 Les chiffres de l'AES en 2025
  • Population totale combinée : 72 millions d'habitants
  • Superficie combinée : 3,9 millions de km² (plus grande que l'UE)
  • PIB combiné : environ 45 milliards de dollars
  • Force militaire unifiée opérationnelle depuis juillet 2024
  • Accord de libre circulation entre les 3 États signé
  • Monnaie commune à l'étude — décision attendue en 2026

La chronologie d'une rupture annoncée

1
Août 2020
Premier coup d'État au Mali — renversement d'IBK. La CEDEAO impose des sanctions économiques sévères qui alimenteront le ressentiment populaire.
2
Septembre 2021
Second coup d'État au Mali. Assimi Goïta prend le pouvoir. Les tensions avec la CEDEAO s'intensifient considérablement.
3
Septembre 2023
Création officielle de l'AES à Bamako. Le Mali, le Burkina et le Niger signent un pacte de défense mutuelle — acte fondateur de l'alliance.
4
Janvier 2024
Annonce officielle du retrait de la CEDEAO. La CEDEAO refuse d'accepter et tente des négociations pendant un an.
5
29 janvier 2025
Retrait effectif et officiel. L'AES est désormais une réalité géopolitique incontournable. La CEDEAO perd 40% de son territoire et doit se réinventer.

Impacts économiques et humanitaires

Le retrait de la CEDEAO entraîne des conséquences concrètes pour les populations. La libre circulation des personnes et des biens, garantie par le Protocole CEDEAO de 1979, est remise en question aux frontières. Des millions de ressortissants sahéliens vivant dans les pays côtiers (Côte d'Ivoire, Sénégal, Ghana, Nigeria) se trouvent dans une situation juridique incertaine.

Sur le plan économique, la sortie de la CEDEAO complique les relations avec l'UEMOA dont les trois pays restent membres — une contradiction institutionnelle que les juristes peinent encore à démêler.

« L'AES est irréversible. Mais le dialogue avec la CEDEAO reste possible si c'est dans l'intérêt de nos peuples. »

— Assimi Goïta, Chef de la Transition du Mali, mars 2025

Perspectives : vers une réconciliation ?

Paradoxalement, dès le second semestre 2025, des signaux de rapprochement ont émergé. La CEDEAO, sous la présidence tournante du Nigéria, a mandaté une commission de "dialogue post-retrait". L'enjeu est colossal : sans le Sahel, la CEDEAO doit redéfinir entièrement sa stratégie sécuritaire.

De leur côté, les pays de l'AES ont besoin d'accès aux ports de la côte (Dakar, Abidjan, Tema, Lomé) pour leurs exportations. L'interdépendance économique reste une réalité incontournable que ni la politique ni les discours ne peuvent effacer. La rupture est consommée. Mais l'Afrique de l'Ouest ne peut pas se permettre un divorce total.

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